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EMDR

vous etes therapeute

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing ») est une thérapie qui utilise les mouvements oculaires pour désensibiliser et reprogrammer le cerveau afin de soigner des blocages ou effacer des traumatismes passés.  Elle utilise la stimulation sensorielle des deux côtés du corps également par des stimuli auditifs ou cutanés, pour induire une résolution rapide des symptômes liés à des événements du passé.

L'EMDR est une approche humaniste et intégrative de la médecine et de la santé : la confiance dans la capacité d’auto-guérison propre à chacun, l’importance de l’histoire personnelle, une approche centrée sur la personne, un pouvoir restauré, l’importance du lien corps-esprit, un bien-être et une amélioration des performances.

Confronté-e à un évènement traumatisant, notre cerveau subit des turbulences qui vont activer la région de l’hippocampe du cerveau, celle qui produit les souvenirs, et celle de l’amygdale qui est le siège de nos émotions. Les mouvements oculaires agissent sur l’hippocampe et l’amygdale, mais aussi sur le thalamus, qui va jouer un rôle de régulateur de la mémoire émotionnelle. C’est lui qui va permettre de dissocier le souvenir de l’évènement de la douleur qui en découle.

La thérapie EMDR s’adresse à ceux qui souffrent de souvenirs traumatiques et de perturbations émotionnelles liées à ces souvenirs. C'est comme cela que l'on peut voir des personnes ayant une allergie à la vue d'un lapin car, lors de l'événement, un lapin se trouvait dans le champ de vision ! Ou d'autres auront des crises de tétanie chaque fois qu'elles croiseront une voiture blanche venant de la gauche...  On comprend donc que ces mémoires résiduelles peuvent perturber considérablement la qualité de vie de l'individu.

L'EMDR peut être efficace pour les troubles ou les pathologies qui peuvent découler de ce stress traumatique. Ainsi des personnes ayant subi de graves chocs émotionnels (abus sexuel, accidents et maladies graves, attentats, prise d’otage, catastrophes naturelles), ou des évènements difficiles ayant des répercussions dans la vie quotidienne (enfance perturbée, divorce, IVG, deuil, échec scolaire, addiction, dépression, crises d’angoisse, irritabilité).

L’EMDR ne peut être appliquée à certaines pathologies,telles la schizophrénie ou la paranoïa car elle ne change pas la structure de la personnalité.

Histoire

L'EMDR a été développée à la fin des années 80 par Francine Shapiro, docteur en littérature anglaise et en psychologie qui a pu tester son protocole sur des vétérans de la guerre du Vietnam. Ses différents travaux lui ont valu plusieurs prix dont l'Award for Distinguished Scientific Achievement in Psychology en 1994 et le prix Sigmund Freud en 2002. L'EMDR a été validée par l’INSERM en 2004, puis par la Haute Autorité de Santé et plus récemment par l’OMS.

La séance

La thérapie EMDR est soumise à un protocole précis. Une évaluation de l'intensité du stress est faite et servira de repère pour la progression de l'évacuation de l'impact.

Lors de la première séance, le praticien va mener un entretien détaillé avec le patient, pour comprendre le motif de la consultation et repérer l’événement qui sera la cible du traitement. Cet entretien permet aussi d’éviter les contre indications à la thérapie s’il y en a.

L'étape dite de préparation permet de créer un état de confiance pour expliquer la thérapie au patient. Le thérapeute demandera au patient de choisir un refuge imaginaire, un lieu dans lequel il se sent en sécurité. A n’importe quel moment de la séance, le patient pourra lever la main pour retourner dans son lieu de sécurité. Ce refuge permet ainsi au patient d’avoir un contrôle sur son traumatisme.

Le patient va ensuite devoir détailler la cible et trouver l’image qui représente le mieux le traumatisme. Il devra aussi penser à une idée négative qui accompagne cette image et à des mots qui illustrent l’image traumatique. Parallèlement, le patient devra aussi trouver une pensée positive qui pourrait venir remplacer la pensée négative.

Le praticien - très souvent psychothérapeutes, psychiatres ou psychologues cliniciens - apprend au consultant à effectuer des mouvements oculaires. C'est la phase dite de désensibilisation au cours de laquelle le thérapeute va demander au patient de se concentrer sur l’image traumatique tout en pratiquant ces mouvements oculaires. Le patient devra suivre les doigts ou une baguette munie d’une boule à son extrémité (placé à environ 35cm du visage) et faire des mouvements de gauche à droite, de haut en bas ou en diagonale, que les yeux du patient devront suivre.

Parfois également des tapotements sur un genou puis l’autre viendront accompagner cette phase. tout comme la méthode dite du papillon qui consiste les bras croisés sur la poitrine à tapoter une épaule puis l’autre. Le but est de permettre aux deux hémisphères du cerveau d’être stimulés et de le mettre en mode « retraitement du traumatisme ».

Les événements stockés dans le système limbique vont sortir de leur enfermement pour être traités par le cortex cérébral qui permet de mettre les choses en perspective et d’archiver, en quelque sorte, le souvenir perturbant. Ce débloquage des informations liées au traumatisme va réactiver les capacités d’auto-guérison du cerveau.

Ces mouvements vont faire apparaître d’autres images et un autre ressenti corporel, que le patient devra décrire au thérapeute durant la première pause, après une trentaine de mouvements consécutifs. Le patient doit constater les changements qui s’opèrent et recommencer les mouvements oculaires jusqu’à ce que le niveau de détresse émotionnelle soit au plus bas. 

L’exercice suivant consistera alors à se connecter et à ancrer le souvenir à la pensée positive, tout en pratiquant des mouvements oculaires, jusqu’à ce que la pensée positive soit parfaitement intégrée. Le thérapeute va ensuite demander au patient de se concentrer à nouveau sur la pensée positive, et sur le souvenir traumatique, pour voir s’il reste encore des sensations physiques négatives. Les mouvements oculaires vont alors permettre de finaliser le nettoyage du souvenir traumatique.

La clôture du traitement doit se faire par une étape d’apaisement, afin de sortir du traitement calmement, sans tension émotive.

La réévaluation se fera pendant les séances suivantes. Le thérapeute évaluera les changements intervenus et, si nécessaire, reprendra les exercices avec le patient jusqu’à obtenir le résultat escompté.

Le nombre de séances dépendra du problème traumatique, de sa gravité et de la spécificité de l’histoire du patient. Un traumatisme simple peut être traité en 3 séances. Il est conseillé de faire environ 1 séance par semaine.

Tarif : 80/150 € pour une séance d’1h30.

La Sécurité Sociale rembourse les séances réalisées avec des psychologues cliniciens ou des psychiatres qui exercent en structure hospitalière. Certaines mutuelles peuvent rembourser une partie de la thérapie sous conditions.

Pour aller un peu plus loin

Livres : "L'EMDR : L'histoire, la méthode et les techniques pour se libérer de ses traumatismes et dépasser ses blocages", de Christophe Marx, éd. Eyrolles, 183 p., 10 €.; " Dépasser le passé - Se libérer des souvenirs traumatisants avec l'EMDR", de Francine Shapiro, éd. Points, 375 p., 9,80 €.

Structures : l’Ecole Française de Psychothérapie EMDR, l’Institut français d’EMDR et l’Université de Lorraine qui délivre un diplôme universitaire de psychothérapie EMDR.

Site internet : www.emdr-france.org (l’association EMDR France )
http://www.ifemdr.fr/ (Institut français d'EMDR)

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