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La jeunesse et la défense du climat : une conscience émerge

urgence ecologique et socialeC'est un pavé dans le marigot du conformisme et de l'irresponsabilité des Etats et gouvernements que la jeunesse est en train de lancer pour sauver la vie sur Terre. Alors que notre petite planète est en train de dépérir et de rendre toute vie impossible, les jeunes lycéens et étudiants, travailleurs et précaires, se mobilisent sur tous les continents. A leurs yeux, la génération qui les a enfantés et les précédentes d'après-guerre sont maudites à tout jamais, coupables d'avoir accompagner le désastre, pire : d'avoir laissé faire. Alors en roiute vers le susrsaut ?...

Comme il apparait grand, immense, le décalage entre le réel de la planète et les logiques sociétales et économiques toujours mises en oeuvre par les actuels gouvernants. La Terre souffre, subit - en plus des mouvements de l'univers - les affronts de l'activité humaine qui met en péril la vie même et, au regard de cet enjeu mondial climatique et social, les réponses apportées par ceux et celles qui tiennent encore pour quelques temps les rênes demeurent d'un obscurantisme crasse.

La prédation des ressources naturelles et l'exploitation de celles-ci aux seules fins de profits financiers basé sur le dépérissement des biens de consommation - autrement dit la logique capitaliste - portés et mis en oeuvre par les pouvoirs confinent au crime contre le vivant, à l'écocide. En la matière, la jeunesse voit clair, bien plus clair que ses parents qui se sont vautrés dans leur grande majorité dans la consommation effrénée des biens matériels, dans l'irresponsabilité individuelle et collective et l'individualisme forcené, dans le crédit et l'endettement enchaînant à tout jamais leur capacité à réfléchir logiquement et humainement, à agir tout simplement, certains préférant se réfugier dans un positivisme béat sans aucune emprise sur le commun.

Greta ThunbergMais les temps changent, la force de vie de la jeunesse et sa grande lucidité, sa terrible angoisse aussi face à son avenir, jettent à la face du monde, au visage de tous les endormis de la sur-consommation le cri du coeur et de la raison : il faut sauver la planète, arrêter la prédation, mettre un terme à la compétition, empêcher le suicide collectif. Il n'y a pas d'autres possibilités que d'abandonner les croyances de sable sur lesquelles se sont bâties les sociétés occidentales qui ont imposées, avec la mondialisation, leur modèle d'exploitation engendrant souffrance, misères, inégalités sociales, famines, guerres, exodes, détérioration de l'environnement.

Plus personne n'a le choix : ou bien nous nous sauvons ensemble et rétablissons la justice sociale et environnementale, humaniste et solidaire, ou bien nous périssons. Il n'y a pas d'alternative autre. On ne pourra rien sauver de l'actuel monde. Sauf cette terrible expérience que l'absence de conscience, de fraternité, d'amour inconditionnel, de solidarité et de partage engendrent inéluctablement la mort.

La voie de la sagesse et de la détermination, de l'engagement individuel et collectif

Sur tous les continents, les jeunes - rejoint par des milliers d'adultes qui alignent leur pensée et leurs actes - se sont levés pour exiger la "justice climatique et sociale". Quelle magnifique force d'esprit, universelle et prophétique, quelle vision clair et lumineuse des enjeux et de son rôle ici et maintenant, quel enthousiasme aussi face à un monde bien terne et nauséabond qui n'offre comme perspective que l'enrichissement matériel personnel ou l'errance dans la pauvreté.

"Nous le savons: la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. L'homme n'a pas tissé la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même." (Seattle, chef indien Suquamish)

Le destin des Indiens d'Amérique annonçait celui de l'ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de leurs ressources. Le message des Indiens est aussi une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de "l'Esprit qui est en toute chose"... Aujourd'hui des scientifiques et des chercheurs découvrent ce que les anciens peuples savaient à l'image de Tatanga Mani/Walking Buffalo, indien Stoney du Canada : " Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L'ennui avec les Blancs, c'est qu'ils n'écoutent pas ! Ils n'ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu'ils n'écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m'ont beaucoup appris: tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit."

changeons le systeme pas le climatDe l'angoisse et de l'obscurantisme matériel modélisé par le "startupisme" émerge en contre-point une vaste énergie de vie qui pulse malgré les obstacles dressés par les adeptes de la finance et des pouvoirs égotiques, à l'unisson des voies de sagesses qui ont alerté jusqu'à présent en vain : "Notre terre vaut mieux que de l'argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d'un feu*. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l'eau coulera, cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des hommes et des animaux. C'est pourquoi nous ne pouvons vendre cette terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu'elle ne nous appartient pas." (Chef indien Blackfeet (Pieds-Noirs)

Alors, serons-nous au rendez-vous de la vie et saurons-nous enfin, chacune et chacune, faire écho aux paroles de sagesse de Chiyesa, cet écrivain indien contemporain, qui nous rapelle quelque vérités simples  :  "Enfant, je savais donner. J'ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur à mes yeux. Chaque arbre était un objet de respect. Aujourd'hui, j'admire avec l'homme blanc un paysage peint dont la valeur est exprimée en dollars !"

La jeunesse montre la voie à l'image des Warriors of the Rainbow : « Lorsque les oiseaux tomberont du ciel et que les animaux mourront, une nouvelle tribu de diverses couleurs, classes et croyances viendra sur la Terre et, grâce à son action et à sa générosité, la terre redeviendra verte à nouveau. Ils seront connus sous le nom de Guerriers de l’Arc-en-ciel "

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* à notre époque inéluctablement nucléaire

les citations sont extraites du livre de T.C.Mac Luhan, "Pieds nus sur la terre sacrée", une anthologie de la philosophie, du mode de vie et de la destinée des Indiens d'Amérique du Nord.

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